jeudi 5 décembre 2013

Jeux de maux...


Hier, c’était mon dernier rendez-vous préopératoire à St Luc pour régler mon problème de gravier qui obstrue mes reins.  Rien de grave, ou de dramatique puisque j’en ai déjà éliminé une des deux grosses roches.  Et là, je peux vous vanter le service d’urologie du CHUM, à l’hôpital St Luc. C’est mon 3ième rendez-vous à cet endroit et l’ambiance est remarquablement  agréable. Du réceptionniste au préposé à l’entretient, tout le monde se saluent, sourires, ça rigole dans les corridors… la dernière fois que j’y étais c’était l’Halloween et très bien décoré. Hier, plusieurs personnes s’affairaient à décorer pour les fêtes de Noël bref c’est un endroit où on se sent bien malgré la présence de la maladie.

En arrivant à l’étage, au 7ième, vous prenez votre petit coupon après la roulette du boucher et vous attendez que la petite cloche sonne et que votre numéro apparaisse à l’écran, alors je prends un numéro.. le 39 et lève la tête, le panneau  indique 28… Bon, je prends mon mal en patience, et me dit que de toute façon, je suis en avance pour mon rendez-vous. Le réceptionniste change le numéro, 29… on attend rien ne se passe, personne ne s’approche. Le réceptionniste me regarde (je suis près du comptoir), lève les épaules et appelle le 30, personne ne se lève… 31, toujours rien. Je lui annonce que je peux passer si il s’ennuie, il sourit et me demande mon numéro… 39, il annonce le 32… le 33… le 34, une petit madame se lève précipitamment, arrive presque en courant et lui donne la liasse de ticket qu’elle avait arraché en lui disant : « Je m’excuse mais je ne savais pas quel numéro choisir ??? » Le réceptionniste tout gentil, prends la série de tickets et lui dit que ce n’est pas grave en me regardant un petit sourire en coin. Moi, je souris déjà à pleine dents en essayant de ne pas rigoler trop fort… après avoir servit la dame.  IL me regarde et me dit :  « 39.. » avec un éclat de rire, il prends mes cartes et règle mon admission.

Pendant ce temps, un homme arrive derrière moi et ne prends pas de ticket. Je me met de côté pour ranger mes cartes et le réceptionniste prend le temps de répondre au Monsieur qui semble assez tendu.

Il dit au réceptionniste que son médecin l’envoi pour passer une cytologie… je relève la tête pour les regarder. Le réceptionniste lui répond : cela doit être une « cystoscopie » et lui demande si il a la requête du médecin. Le Monsieur insiste et lui dit agressivement : « NON, c’est une cytologie et non j’ai pas de papier ». Le réceptionniste tente de lui expliquer la procédure que le médecin doit lui donner une requête écrite blablabla et le tout en restant très calme… le Monsieur n’écoute rien et devient de plus en plus arrogant et insistant pour avoir une « cytologie »… Alors le réceptionniste, finit par lui répondre de façon très patiente : "Les cytologies, c’est au 6ième étage.. » et là, le Monsieur se revire en jurant et se dirige vers les ascenseurs en chialant. Moi, trop curieuse, je regarde le réceptionniste et lui demande qu'est-ce qu'il y a au 6 ième ???  Il me regarde en souriant de tout son dentier… « la Gynécologie ».  Ce fut mon deuxième éclat de rire de la journée… et pas le dernier..

À ce  moment, je vais m’installer dans la salle d’attente. Comme je connais l’endroit, je m’installe pour avoir une vision panoramique de la salle d’attente. Je suis une spécialiste de ce genre d’endroit. Je suis capable de vous décrire les personnes, leurs styles de vie et leur histoire… en fait, j’ai une imagination débordante pour tirer des conclusion rapides et drôles sur la race humaine.  Dans la salle d’attente, pendant que le personnel prends ses heures de dîner pour monter l’arbre de noël de la salle d’attente, je remarque  une petite madame, pas plus de 4’8’’, avec un manteau rouge à bordure verte, de toutes petites bottines rouges, un sac à main rouge… et lorsqu’il appelle son  nom, elle sort sa tuque rouge à fourrure blanche… Oh yeh !!! Il y a un lutin dans la salle !!!  Et à nouveau, un grand sourire m’envahit.

Une intervenante se présente dans la salle d'attente pour appeler des patients, la pauvre, elle s'enfarge dans tous les noms un peu compliqués.  Mme Noyahoun, M.Ndeckior, Mme Isalma tchipisne et elle ajoute très fort, Monique Tremblay, salle 4... Je me tape encore un grand sourire en me disant que Monique va se sentir minoritaire.... hihihihihi !!!


Dans le département d’UROLOGIE, je vous dit « Tout va bien ! ». Je n’ai jamais attendu, l’heure de mes rendez-vous a toujours été respectée, bref le professionnalisme existe et même au CHUM !!!  On m’appelle quelques minutes avant mon heure et une préposée m’installe dans la salle d’examen et là, la préposée, le sourire fendu jusqu’aux oreilles me dit que mon médecin, le Dr.Bénard a du partir pour une opération d’urgence, la, j’ai eu l’impression que ma chance me quittait et mon sourire aussi. Je lui dit: "Ah non, je vais pas être obligée de revenir" et non, elle m’explique que je serais rencontrée par un autre médecin..... Le Dr.LATOUFFE et elle sort de la pièce rapidement. Je suis seule et m’éclate de rire… je me dit que cela fait partie des gags du jours et attend l’arrivée du médecin en gardant un grand sourire étampé dans le visage !!! 

Le médecin arrive, il a son chapeau de chirurgien sur la tête, qu’il s’empresse de retirer… et il a un toupet, tout échevelé, dans les airs qui pourrait rendre jaloux J.Phillipe Wauthier . Et il me répète d'une voie un peu zézéyante... Bonjour, je remplace le Dr. Bénard et je m'appelle Dr. Lattouf.... Imaginez quel effort surhumain, j'ai du faire pour ne pas m'esclaffer de rire  et il devait le lire dans mon visage puisqu'il ne me regardait pas vraiment... Par chance, il a ouvert mon dossier et j'ai centré toute mon attention sur la photo de ma carrière de roches rénales... Après m'avoir expliqué mon intervention, et qu'il m'a demandé si j'avais d'autres questions, je n'ai pas osé ouvrir la bouche et je lui ai permis de mettre fin à notre rencontre.... Lorsque je suis sortie de la salle, moi aussi j'ai regardé la préposé avec un grand sourire....

J'ai fini mon séjour à St Luc dans le Hall d'entrée à attendre mon transport, à sourire à toutes les demandes idiotes auxquelles répond le garde de sécurité.... c'était impossible de m'enlever mon super sourire du visage.... ce fut probablement la meilleur journée que j'ai passé à l'hôpital dans les dernières années....

Le Flamant Rose crampée......


de rire !!!

mercredi 27 novembre 2013

La reconnaissance...

Cette semaine, j'ai appris... appris le sens du mot Reconnaissance,  d'une façon un peu difficile au départ mais je vous replace en contexte pour ma réflexion et je ne veux surtout pas culpabiliser personne... ma réflexion veut aller au delà des personnes impliquées mais de l'intention de reconnaître jusqu'au geste de reconnaissance....


Cette année, en fait le 24 décembre 2013 cela fera 25 ans que je travaille pour les CJM-IU, lorsque j'ai commencé à travailler pour les jeunes, je me plaisais à répéter que cela durerait peut-être 5 ans mais pas plus. Et maintenant, avec un parcours un peu chaotique à travers divers services, cela fait 25 ans, déjà !!! Et 25 ans, cela se fête dans presque toutes les organisations. Mais, trop souvent cette fête de la reconnaissance est organisée, année et après année, et est presque devenue "obligatoire". Elles se font de façon répétitive.  Est-ce que l'on prends vraiment conscience du sens que cela peut prendre pour les "Jubilés" ?  Une fête obligatoire, dont plus personne n'a vraiment le temps de s'occuper et dont où l'on invite tous ceux qui s'affiche automatiquement sur la fiche Excel d'ancienneté. En croisant les données, on peut envoyés les invitations à tous ce beau monde sans trop se poser de question... et on oublis. Alors, une année, on organise un souper où on invite tous les employés qui ont 25 ans de service, une certaine année, on découvre une formule plaisante et l'on reproduit la chose année après années sans se demander qui seront les prochains "Fêtés" et est-ce que cela leur plaira vraiment ?

Cette année, ayant signé un contrat avec une salle de réception depuis plusieurs mois, sinon plusieurs années, on reproduit la même formule que l'an dernier. Sauf que cette année, dans le groupe de "Jubilés", il y a moi, "Le flamant rose" de service, la personne handicapée, en fauteuil roulant, condition que la fiche Excel ne reconnait pas... et la salle de réception, un endroit connu depuis longtemps est au deuxième étage d'un immeuble sans ascenseur.... (pouet, pouet, pouet...)

Sans vouloir me vanter et même si je ne sais pas qui fait parti du comité organisateur (et tant mieux...), je suis une personnalité relativement connue dans mon  milieu. Je suis "Le Flamant Rose" de service, probablement la première personne en fauteuil roulant des CJM-IU à travailler régulièrement dans l'organisation et tout le monde a entendu parler de ma "triste" histoire (les collègues étant souvent même plus triste que moi de ma condition). Il y a même plusieurs personnes qui me saluent par mon nom et je suis désolée, mais moi je ne les connais pas vraiment. De plus dans le cadre de mon travail, j'ai deux bureaux sur deux sites différents et je rencontre des dizaines d' intervenants de tous les azimuts de l'Ile de Montréal, probablement qu'il ne reste pas beaucoup d'intervenant qui ignore ma condition ( à part ceux qui ont 25 jours de service hihihihi :)).

Alors pour la fête des Jubilés de 25 ans de service, on invite la plus célèbre des handicapées à venir fêter dans une salle tout à fait inaccessible. Malgré que plusieurs personnes de l'organisation ont été interpelés de cet état de fait... dans la préparation de la fête... on a pas fait le lien ? on a oublié ? en fait ma question se résume à: "Est-ce que l'on s'est plus préoccupé de faire "une belle soirée" sans vraiment se préoccuper du "Qui" sera fêter ??? Est-ce que les priorités ont été mise au bon endroit ?  La salle, la bouffe, le cadeau.... ou la RECONNAISSANCE  des personnes et de leur travail effectué pour notre organisation depuis 25 ans.

C'est ce qui m'a amené à réfléchir au concept de la RECONNAISSANCE.  J'ai cherché une définition officiel du mot reconnaissance... essayé ça sur le net, vous aller voir que le concept peut-être très petit, simple et facile.  Mais, il est aussi un concept complexe, très large où l'on souligne que la "Reconnaissance" peut avoir une source extrinsèque et intrinsèque (intérieur et extérieur) et très souvent, un savant équilibre des deux permet à un individu d'être satisfait, performant et convaincu de sa valeur comme membre d'un groupe, d'une famille ou d'une organisation.  Cela fait assez théorique mais cela m'a permis de faire le point sur ma propre reconnaissance... et ma façon de reconnaitre l'Autre.

Actuellement, j'ai un travail que j'aime, j'apprécie mes collègues de travail, ma cheffe de service et je crois offrir une qualité et une compétence plus que satisfaisante. Ma reconnaissance personnelle se porte bien... et ce, sans fausse modestie. Je crois bien être performante malgré mes troubles de santé qui m'ont amenés en congés de maladie forcés. J'ai la reconnaissance de ma supérieure immédiate, de plusieurs de mes collègues (on peut quand même pas faire plaisir à tous le monde, tous le temps...) et parfois de certains intervenants et de quelques clients (même des pas volontaires...).  Premier constat, ma reconnaissance personnelle ( et cela toujours sans aucune modestie) me vient surtout du travail quotidien et de l'expression consacré: "Le sentiment du travail accomplis"... Bon Ok!  Pas toujours mais assez souvent, il faut quand même qu'il reste une petite place au désir de s'améliorer... :)

La reconnaissance extrinsèque provenant de mon organisation m'a été annoncé par une invitation, pour 25 ans de service. On m'invite pour me reconnaître lors d'un souper et une soirée avec tous les autres "jubilés" du CJM-IU de 25 ans de service. Je ne suis pas habituellement à la recherche de remerciement, de cadeaux ou de félicitation mais la perspective de me retrouver avec des gens de ma génération me faisait bien plaisir... faire le constat de qui était le "nous" et la reconnaissance de ce nous entre nous. Et c'est là que compris le sens que moi, j'accorde à la "Reconnaissance".. ce n'est pas l'heure et le temps mais bien que vos collègues et surtout votre employeur souligne "devant l'autre" votre contribution à la vie de l'organisation. La reconnaissance professionnelle par l'organisation ne se résume pas à un cadeau ou à un bon repas mais  à la reconnaissance devant les autres de votre valeur comme étant une personne ayant contribué de façon importante au développement et à la vie de  l'Organisation.

Finalement,  la seule erreur faites par les organisateurs aura été de m'inviter cette année, à ce repas, de me l'annoncer comme le premier symbole de mon importance pour l'Organisation.    Et si..., si on m'avait oublié... et invité l'an prochain, je n'aurais probablement rien vu passé...(cela fera 25 ans de service le 24 décembre 2013, mais je n'ai que 24 ans et quelques heures de plancher puisque je n'ai pas toujours travaillé à temps plein...) alors en sachant que je ne pouvais participer à la fête cette année... on aurait pu sauter une année... et cela n'aurait pas causé autant de bisbilles dans ma Reconnaissance. Il fallait juste que l'on se questionne lors des invitations sur... les personnes fêter et non une date aléatoire !!!


Cela m'a  aussi permis de prendre conscience de ma reconnaissance personnelle de ma vie professionnelle et de réfléchir à ma propre façon de "Reconnaitre l'Autre"

Je crois que je ne ferais plus jamais les choses de la même façon et j'espère que toutes les personnes qui ont été de près ou de loin été confronté à cet évènement auront aussi réfléchis au concept de "Reconnaissance" et prendront le temps de ne pas répéter l'erreur commise cette année.

Reconnaitre l'autre, c'est avant tout lui reconnaitre devant les autres, ses forces et ses faiblesses qui ont permis le développement d'une organisation plus grande que soi. Reconnaitre que la personne est le maillon essentiel et peu importe sa grosseur et sa dorure d'une chaine qui fait tourner le moteur...  Et  rappelez-vous que l'essentiel viendra toujours de votre intérieur et du sentiment de satisfaction personnelle... même si la Reconnaissance des autres est un peu plus qu'une petite tape dans le dos surtout après 25 ans !!!

Le Flamant Rose...

          reconnu et reconnaissant.









P.S.  Bon,  ne vous en faites pas trop pour ma reconnaissance extrinsèque, elle sera soulignée finalement de façons différentes avec des gens que j'apprécie, c'est fou ce que la culpabilité d'un rendez-vous manqué peut engendré comme réaction.... :)  Merci pour le déjeuner à venir.... et finalement, je pourrais apprécier le petit cadeau.... !  Et comme le dit si bien Josée... mon Karma est de faire progresser cette organisation !!!





mercredi 18 septembre 2013

Ébranlée... non engagée !!!

La charte vous tape sur les nerfs.... et moi, les commentaires des "biens pensants" me tape sur les nerfs !!!

Je suis entièrement pour la charte et pour le retrait de TOUS les signes religieux dans toutes les institutions publiques et cela sans aucune possibilité de vous retirez. Une société laïcque pour que chacun s'y sente accueillis peut importe leur religion... en privé !!! Y compris le crucifix de l'assemblée Nationale qui devrait rejoindre le Musée Duplessis et son époque noire !!!

Aujourd'hui, j'ai du placer une jeune fille de 17 ans, dans une famille d'accueil. D'origine musulmane et Pakistanaise, qui a peur d'être tuée... par sa famille. Culturel ou religieux, je n'ai pas l'intention de m'éterniser sur les nuances mais elle est arrivée au Québec toute petite, ses parents ont choisit le Québec probablement parce que nous somme un peuple recevant et ouvert aux autres cultures. Mais se sont-ils vraiment adaptés, intégrés ??? On ne saura jamais les détails puisque je suis réduit à la confidentialité mais...

La jeune a fait une demande d'aide. Depuis le printemps, elle était séquestrée à la maison par le père, la mère et le frère de 23 ans. Elle avait fait l'erreur d'avoir un petit ami... 17 ans et cache un cellulaire à sa famille. Elle est retournée à l'école en ce début d'année, à la première journée, son père s'est présenté à l'école et leur a dit qu'il retirait sa fille de l'école parce qu'elle retournait au Pakistan. Personne n'a posé de question, le père est partie avec sa fille.  La jeune fille s'est enfuie de chez elle, elle a eu le courage de dénoncer sa famille et surtout de nommer sa peur d'être tuer ou vendue !! Frappée depuis plusieurs années par sa mère, son père et son frère... elle a maintenant peur d'être tuée par sa famille parce qu'elle n'obéit plus à leurs valeurs culturelles ou religieuses peut-importe.... elle est avant tout une jeune femme de son époque... qui n'a aucun droit dans sa famille et qui porte le voile...

Lorsqu'elle nous a demandé d'être hébergée et protégée, les parents ont été contactés. Évidemment, ils nient la situation et l'exigence de son père pour le placement: "elle n'a pas le droit de manger de viande... entk pas de porc !!!"  Pour la jeune femme, nous nous sommes posées des questions... famille musulmane ou qui accepte les différences religieuses. alimentaires... nous nous sommes demandés si elle portait le voile et que le milieu de vie accepte la situation. Et puis, je me suis un peu emportée.. et j'ai dit à ma collègue.. "tu penses-tu que c'est vraiment important... elle a peur d'être assassinée par sa propre famille... voile pas voile... pas sûre que c'est là le problème."

Bon cela alimente encore une fois ma réflexion sur la fameuse charte et les signes ostitentoires !!!

Finalement, c'est pas le voile, c'est ce qu'il représente ! Pour moi, le voile des femmes est avant tout un signe politique de soumission, de la domination de l'homme sur les femmes. Y'a pas un Dieu qui est venu sur terre, peut importe la Religion, dire aux Hommes qu'ils sont supérieur à la femme !!! Et comme dirais mon ami, les religions ont été inventées par les hommes... pour garder le contrôle !!! Pour moi le voile n'est pas un symbole de "protection" mais symbole de soumission et dans un société ou l'on prétend que l'égalité homme-femme est fondamentale... ben le symbole du voile n'a pas sa place dans la fonction publique et surtout avec les enfants. Mais on le temps d'en reparler.... Je suis pas aller marcher dans les rues de NYC en l'an 2000 pour rien,  BORDEL !!!

Désolée si cela choque les biens pensants qui veulent à tout prix passer pour des gens ouverts, accueillants et tolérants... moi je choisis de défendre les droits humains... femmes, enfants, jeunes et même les hommes !!! Nous sommes tous égaux devant Dieu... et devant tous les Dieux, peut importe son nom !!!

Le Flamand... TRÈS ROSE !!!

jeudi 1 août 2013

Vision globale VS Vision locale...

Bon on dirait que je vous néglige mais non... en fait je suis en vacances et je suis vraiment en vacances... ben j'essaie d'être en vacances et non en congé de maladie alors...Repos, lecture,ménage, petits projets de déco et petites sorties mais....

Bref, tout allait relativement bien jusqu'à....  Mon infirmière du CLSC est enceinte (encore une !) et quitte le travail de terrain le12 août. Eh oui , elle sera remplacée mais... comme on revoit tous les dossiers, on remet mes services en question, compressions budgétaires obligent et j’essaie désespérément d'y trouver une logique mais je vais essayer de vous résumer le tout.

J'ai un poste de travail à la maison du Centre Jeunesse qui me permet à la fois de travailler ici comme si j'étais dans mon bureau. Mais, je ne fais pas que du travail de bureau, je rencontre des jeunes, des familles et je dois animer les rencontres d'offre de service du Centre Jeunesse, membre du grand réseau de la Santé et des Services sociaux. Actuellement,  je vais passer 3 ou 4 demi-journées/semaine au bureau pour ces rencontres, et je reviens rapidement continuer le boulot à la maison. Pourquoi ??? parce que j'ai encore des plaies qui coulent et dont je dois changer les pansements aux 4 heures environ. Avec le temps, je suis devenue une professionnelle du changement de pansement, meilleure que bien des infirmières des agences que le CLSC utilise en cas de dépannage... et comme j'en avais marre d'avoir des infirmières irrégulières, je me suis entendue avec mon infirmière pour une visite une fois semaine. Cela lui permet de faire le bilan de ma plaie, de m'apporter le matériel nécessaire et de faire mes prises de sang lorsque nécessaires (dépend de mon médecin). Malheureusement, lors de sa semaine de vacance, j'ai manqué de matériel et j'ai du appeler pour avoir une visite supplémentaire... oups, j'ai parlé à l'infirmière en chef et je suis devenue à ce moment une abuseuse de service !!!

Elle considère que parce que je travaille et que j'ai droit au service de transport adapté, que je devrais aller au CLSC en clinique externe pour recevoir mes services, prendre le matériel de pansement et voir n'importe qui, qui sera à la clinique lors de mon rendez-vous... rendez-vous que l'on ne semble pas pouvoir mettre de façon régulière et de garantir que je vais passer à l'heure prévue... Lorsque je lui ai expliqué mon organisation du travail... elle me parle de ses coupures budgétaires.... J'ai bien essayé de lui démontrer l'équation que cela provoque... mais cela ne semble pas beaucoup l'atteindre... Alors, je vous explique et vous ferez bien le calcul vous-même.

Actuellement:   20 minutes de services à la maison par semaine, dans un environnement sécuritaire pour moi, (mon propre lit) et les frais assurés par le CLSC (Réseau de la Santé et des services sociaux). Avec ces conditions, je peux travailler à temps plein en assurant mon travail à la maison et au bureau pour le Centre Jeunesse (Réseau de la Santé et des Services sociaux). Et je fais mes pansements, 4 fois par jour moi-même.... je peux même avec un minimum de planification, recevoir mon infirmière au moment où elle arrive.

Ce qu'on me propose :  Rendez-vous au CLSC, 3 heures de déplacement à prévoir (parce que la STM se donne 1 hrs 30 de délais pour chacun des déplacements, aller et retour), attendre mon rendez-vous, traitement de 15 minutes, ramasser mon matériel pour les pansements et retour à la maison. Je devrais calculer au minimum une demi-journée de passée. Évidemment sur les heures d'ouvertures du CLSC, donc de 8h00 am à 8h00 pm du lundi au vendredi. Je devrais donc, manquer une demi-journée de travail minimum et comme on ne peut chez nous faire des demi-journées, ben je devrai recommencer à travailler 4 jours semaines et une journée d'assurance-salaire. En plus, malgré les installations récentes du CLSC, qui sont supposées être adaptées au personnes à mobilités réduites... (cela reste à voir... même à l'hôpital, ils ont de la difficulté à être adapté) une situation physique précaire pour le traitement. Donc, perte d'une journée de travail pour les CJ et assurance salaire pour moi... Le déficit se fera dans la cour du Centre Jeunesse et dans mon salaire... et est-ce que cela change les coûts du CLSC, je suis pas sûre ????  (C'est toujours le même réseau de la Santé et des services sociaux, le même CLSC et avec les mêmes coupures de budget partout...)

Alors, vision locale.. l'infirmière qui gère le service à domicile, va économiser une visite de 15 à 20 minutes par semaine dans son service à elle, mais qui sera remplacé par un autre service du même CLSC... et me fera perdre une journée de travail au Centre Jeunesse. Économie pour le CLSC, pas sûre ???  Vision locale au Centre Jeunesse, perte d'une journée de travail d'une employé non-remplacée et payée en assurance-salaire, mais auront-ils le choix,  pas sûre ????.

Vision globale, aucune réelle économie réelle pour le CLSC, aucune économie pour le grand Réseau, mais beaucoup d'insatisfactions envers les services de ma part, et de la part de mon employeur qui fait aussi partie de ce grand réseau.  Mais finalement, c'est tout le monde qui y perds parce que ce réseau est remplis de petits gestionnaires, qui pensent à leur performance personnelle et qui n'ont pas même de vision globale de leur propre établissement, imaginez pour l'ensemble du réseau....

Les services à domicile, ne sont pas des dépenses supplémentaires, cela est démontré dans la majorité des cas que cela est plus économique de traiter un patient chez lui, que l'hospitaliser tout au long d'une convalescence qui s'éternise. Si je n'avais pas eu les services de maintien à domicile,je serais encore hospitalisée en réadaptation pour donner une chance à mes plaies de guérir; avec les services de traitement à domicile, et une adaptation de mon employeur avec un poste de travail à la maison, je suis de retour au travail à temps plein en essayant de donner une chance à mes plaies de guérir.

Aujourd'hui, j'ai comme l'impression d'être victime de  mon implication dans ma réadaptation et un retour au travail trop hâtif... Peut-être que j'aurais du me prélasser dans mon salon en attendant que toutes les plaies soient définitivement guéries et me plaindre ? J'aurais encore des infirmières tous les matins à la maison !!!

Alors, la prochaine fois que vous aurez envie de vous plaindre des services de Santé et des services sociaux, vous saurez  "Pourquoi" !!!!  Ce sont tous les petits gestionnaires à courte vue, qui croient que les services à domiciles coute cher.... pendant que Madame Marois se défend de vouloir développer les services à domiciles... faudrait peut-être que les bottines suivent les babines !!!

Le Flamant Rose.... 
 probablement à 4 jours/semaine  !!!